HERGÉ TINTIN Case originale de la planche... - Lot 76 - Daniel Maghen Enchères et Expertises

Lot 76
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HERGÉ TINTIN Case originale de la planche... - Lot 76 - Daniel Maghen Enchères et Expertises
HERGÉ TINTIN Case originale de la planche n° 2 de L'Oreille cassée publiée dans Le Petit Vingtième du 5 décembre 1935. Encre de Chine, aquarelle et gouache blanche sur papier 14,9 × 16,9 cm (5,87 × 6,65 in.) Une case au format exceptionnel D'abord, c'est le format somptueux qui étonne. La case mesure dix-sept centimètres de haut, alors que la plupart de celles issues des planches originales d'Hergé n'en mesurent même pas dix. L'explication est simple : cette case-ci provient d'une planche publiée dans le mythique Petit Vingtième, où les aventures de Tintin étaient présentées sur trois strips de deux images en noir et blanc, et non sur quatre strips de trois images en couleur (ce qui fut la norme à partir de 1942). Cette case provient de la planche n°2 de la version d'origine de L'Oreille cassée, et fut publiée dans le supplément hebdomadaire du Vingtième Siècle, le jeudi 5 décembre 1935, jour où la nouvelle histoire de Tintin y avait commencé. Le contexte est historique : le reporter vient de rentrer de Chine. On l'a vu, quelques semaines plus tôt, s'embarquer pour l'Europe avec son chien et ses bagages, à Shanghai, sur le paquebot « Ranpura ». On le retrouve ici, chez lui, au 26 rue du Labrador, en pyjama. C'est la première fois qu'on découvre dans un de ses albums le fringant Tintin, en pantoufles, dans son intimité, entre deux aventures. Il sera d'ailleurs exceptionnel, par la suite, de le retrouver dans cette situation. Outre le fait qu'Hergé n'avait jamais montré Tintin chez lui, on s'aperçoit dans cette image charnière que le jeune bourlingueur a décoré son appartement d'un imposant vase chinois qu'il a certainement ramené de son séjour au pays du « Lotus bleu ». Par ailleurs, Hergé est ici en phase avec l'actualité : la radio diffuse des nouvelles de la guerre qui oppose alors, en Abyssinie, les troupes gouvernementales du Négus et l'armée italienne envoyée sur place par Mussolini. Addis-Abeba serait-elle la prochaine destination du reporter Tintin ? Non, car la séquence suivante le montrera attentif à une autre « dernière nouvelle » : un vol mystérieux qui vient d'être découvert au Musée Ethnographique. Il enquêtera bientôt sur la disparition d'un fétiche arumbaya, et c'est sur le théâtre d'une autre guerre qu'il sera bientôt mené : la guerre du Gran-Chaco qui oppose alors la Bolivie et le Paraguay. C'est une image typique de la première époque d'Hergé, celle où il travaille seul, sans aucun collaborateur, celle où il fait tout : composition, mise en place et dessin des personnages, décors et textes. Période, aussi, où tout est à sa place et où rien n'est superflu, bien loin encore de la période des Studios Hergé où ses collaborateurs se devaient de justifier leur présence aux côtés du maître. Deux personnages qui dialoguent, un mur, une porte ouverte, un vase, un poste de radio qui diffuse les nouvelles du jour… et rien de plus. Si ! Une serviette dans la main du héros, pour confirmer qu'il se dirige vers la salle de bain. Le format de la case n'a pas induit le dessinateur à nourrir son dessin de détails inutiles. Tout y est homogène et clair. Un mouvement vers l'avant confirme d'emblée la dynamique qui caractérise le héros. L'équipe que ce dernier forme avec Milou est soulignée par un dialogue où le sympathique cabot confirme son caractère ronchon. Le bavardage de la radio, parce qu'il est posé à droite, est tout naturellement perçu comme secondaire, mais il n'est pas inutile. De la main d'Hergé, l'écriture souple et ample, en capitales, participe à l'harmonie générale du dessin. Un léger lavis bleuté, posé sur le fond, était à l'origine destiné à indiquer au photograveur les zones qui devaient être couvertes d'un grisé mécanique. Aujourd'hui comme hier, ce subtil jeu d'aquarelle détache les protagonistes du décor et assure une parfaite transition entre l'avant-plan lumineux au lever du jour et l'obscurité de la salle de bain vers laquelle Hergé dirige son monde : ses personnages et ses lecteurs. C'est la période noir et blanc de Tintin, et Hergé distribue ses noirs avec discernement. On les retrouve non seulement sur l'entrebâillement d'une porte, mais aussi sur une paire de pantoufles, sur un vase et son support, sur les pieds d'un guéridon et sur le haut-parleur d'un poste de radio. Dispersés mais logiques et équilibrés. Dernière information : la vignette équivalente de cette case qu'on trouve dans l'album en couleur, qui date de 1942, n'est pas de la main d'Hergé mais de celle d'un(e) obscur(e) assistant(e).
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