PLESSIX

Lot 77
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PLESSIX
MICHEL PLESSIX
LE VENT DANS LES SABLES
Le Chant des dunes (T.4), Delcourt 2011
Couverture originale. Signée. Aquarelle sur papier
32,4 x 39,4 cm (12,76 x 15,51 in.)

Magnifique composition en contrejour d'un auteur d'une qualité rare. On y retrouve tout le savoir-faire de l'artiste : lisibilité et intelligence, perfection dans les attitudes, habile équilibre anthropomorphique, parfaite perspective chromatique des couleurs qui s'étagent, lumineuses, du centre de l'image vers l'harmonieuse pénombre de la pièce, tandis que les héros, sidérés par leur découverte, regardent le lecteur. Michel Plessix est un météore dans la bande dessinée que l'on a vu trop vite passer.

Michel Plessix était un contemplatif. Dessiner était offrir le fruit de ses rêveries, de ses émerveillements. Myope, il s'intéressait surtout aux détails et partait parfois dans des images qui en fourmillaient, au point de se perdre. Je crois qu'il rentrait alors dans une sorte de transe. Voyez le noir de la nuit dans cette planche. Il ne s'agit pas d'un aplat posé au pinceau ou avec le plat d'un crayon. Mais un système complexe de hachures disposées en couches successives qui donnent cet aspect velouté. Quand il séjournait en Grèce, le plus souvent à Tinos, il aimait retrouver là ses habitudes, son cercle d'amis fidèles, souvent des voyageurs hors du temps comme lui. Ils se réunissaient autour de vin résiné ou d'ouzo et très vite les conversations glissaient sur l'amour, l'art et la philosophie souvent orientale. Là le temps n'existait plus et ces échanges, ponctués de longs silences, s'étiraient jusqu'au bout de la nuit. Ils ne vivaient la journée que dans l 'attente de se retrouver le soir. Ce sont ces conversations intemporelles, cette contemplation assise du monde que nous retrouvons dans Le Vent dans les Saules.
Les personnages que l'on croise sont les réminiscences de ces rencontres et de ces discussions hors du temps. Et Michel découvrit Essaouira. Cette ville ressemblait étrangement à Saint-Malo où il vécut son enfance et il s'y trouva à sa place. Lassé de Tinos qui devenait à son goût trop touristique, il prit ses quartiers dans cette ville côtière du Maroc quelques semaines par an. C'est là que Michel a écrit et mis en scène le cycle du Vent dans les Sables. Il avait là aussi reconstitué son univers rêvé. Invariablement après une journée de travail à une terrasse ou le long de la plage, il dînait au Dar Louban en compagnie du restaurateur philosophe et érudit, (que l'on reconnaît dans Lizarbou le matou) qui invitait parfois à sa table d'autres voyageurs solitaires. Michel aimait l'orient, la culture arabe, le Maghreb et Essaouira en particulier. Ce fut une évidence que de recréer cet imaginaire dans le deuxième cycle du Vent dans les Saules. Le premier était l'expression de son enfance, le second de son univers d'adoption.
Emmanuel Lepage
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